Le socialisme

Au sens le plus global, on peut dire que l’idée du socialisme est celle d’un monde qui n’a pas pour principe organisateur l’intérêt privée. Comme on sait par ailleurs que l’intérêt privé n’est pas, comme on le dit, l’intérêt de tout le monde, mais celui d’un petit groupe d’individus, cela revient à dire que l’idée du socialisme est l’idée d’un monde qui n’est pas structuré par le principe de la recherche du profit maximum pour le capital. Ce qui inclut deux choses. L’idée du socialisme, d’un côté, est l’idée d’un monde où les biens communs nécessaires à tout le monde pour la vie sont au maximum la propriété de la communauté et avec un usage en rapport à l’intérêt du plus grand nombre. C’est un monde où l’eau, la terre, les transports, les communications sont le plus possible au service du plus grand nombre. Ce qui veut dire aussi la propriété du plus grand nombre. C’est un premier principe qui nous est perceptible a contrario par ce que nous avons connu depuis vingt ou trente ans, c’est-à-dire par la manière dont tout ce qui était considéré comme la propriété du plus grand nombre a été de plus en plus entièrement privatisé et soumis à une logique du profit.

La deuxième chose qui est cœur de l’idée de socialisme, ce serait l’idée s’association, c’est-à-dire ce qui est commun soit autant que possible géré dans des formes qui sont des formes d’exercice d’un pouvoir de n’importe qui, ou d’un pouvoir du plus grand nombre. Dans l’idée de socialisme, il y a en quelque sorte l’idée de propriété commune de ce qui est nécessaire à tous, et deuxièmement l’idée d’un exercice optimale d’une capacité de n’importe qui sous les formes associatives.

Ce qu’on peut appeler « socialisme », c’est ce double aspect de propriété commune de ce qui concerne le plus grand nombre, et de participation du plus grand nombre à la gestion de cette propriété commune.

Cela dit, il faut bien voir par ailleurs que « socialiste » est aussi le nom générique de ceux qui sous des formes diverses n’ont pas cessé de trahir ce qui était contenu dans l’idée de socialisme. Des gens qui n’ont existé que pour trahir indéfiniment ce que contenait l’idée de socialisme.

Cf. Jacques Rancière, Le méthode de l’égalité

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